Resumen
Pendant la pandémie du Covid, nous avons observé les pratiques de 15 enseignants exerçant dans des écoles primaires en France, à la fois dans leurs classes, environnement classique dans lequel élèves et enseignant partagent le même espace, et dans des classes virtuelles dans lesquelles ces derniers ne pouvaient se voir et s’entendre qu’au moyen d’écrans. Nous avons ainsi cherché à mieux comprendre pourquoi les inégalités d’apprentissages entre les plus jeunes élèves se sont généralement accrues durant cette période, ce qu’ont mis en lumière les études statistiques qui ont comparé les apprentissages réalisés avant et après la pandémie. De ce point de vue, les analyses des interactions observées entre les élèves et les enseignants que nous avons enquêtés suggèrent que les classes virtuelles n’offrent pas les mêmes ressources sémiotiques que les classes physiques dans la mesure où ce moyen d’enseignement et de communication met en scène des individus positionnés dans une multitude d’espaces physiques et numériques, ce qui réduit le champ de perception visuel commun. Ceci a pour conséquence de réduire les possibilités d’observation par les enseignants des activités de leurs élèves et, réciproquement, la perception par ces derniers du langage corporel de leur maitre. Autant de facteurs qui rendent plus compliquée l’aide aux apprentissages que peuvent apporter les enseignants à leurs élèves et qui peuvent donc contribuer à expliquer pourquoi, pendant la pandémie, les inégalités scolaires d’apprentissage se sont creusées en France… et sans doute dans d’autres pays qui ont connu des périodes de confinement durant cette période, comme le Brésil.

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